Prisoners, un thriller glacial

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Prisoners a transcendé les critiques et le public. Certains le comparent à Zodiac et Mystic River. Certes, il y a cette même ambiance glaciale qui réunit ces films. Denis Villeneuve, le réalisateur, nous enferme dans un paysage pluvieux, lourd, sombre, où le spectateur patauge autant que le détective en charge de retrouver Anna et Joy, petites filles disparues. On ne saurait dire quel acteur remporte la palme tant chacun, jouant des personnages au bord de la crise de nerfs, se donne corps et âme dans son rôle. Jetez aux oubliettes Wolverine. Hugh Jackman prouve depuis longtemps qu’il sait donner la réplique. Ici, c’est un père en colère qui se transforme en tortionnaire. Désemparé par une police qu’il juge incompétente, il appliquera sa propre loi et torturera Alex, un jeune homme handicapé mental. Le détective Loki, joué par Jake Gyllenhaal, semble perdu dès les premières minutes de son apparition. Un mystérieux mal être entoure ce personnage. Il suit la théorie du kidnapping et mène son enquête auprès d’anciens pédophiles. Paul Dano joue Alex, homme au Q.I d’un enfant de dix ans. Il est doué pour jouer celui qui ne sait ou ne veut rien dire. Dans le film Little Miss Sunshine, il jouait déjà un adolescent qui se refusait à entrer dans le moule de la société en communiquant avec les autres.

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Prisoners, ce n’est pas uniquement un polar. C’est un thriller poignant qui vous met face aux êtres les plus sombres, les pédophiles et autres prédateurs sexuels. Keller, le père de la petite Anna, le dit lui-même, « ce n’est plus un être humain« . Denis Villeneuve révèle la bestialité qui est en chacun de nous. Une semaine de traque, d’enquête, d’interrogatoires, de mystères et d’horreurs qui prend au piège le spectateur, pour mieux le terrifier et l’achever. Au-delà du drame, le film bouleverse par sa cruauté. L’être humain redevient primitif. Cette ambiance étouffante dont on ne peut se défaire suit le spectateur jusqu’au dehors de la salle de cinéma.

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Depuis les années 1990, les thrillers et autres histoires policières font partie du paysage cinématographique et télévisuel. Prisoners donne un coup de fouet au déjà-vu et marque les spectateurs. Le film questionne les actes et jugements des personnages. Celui qui voulait sauver sa fille commet lui-même des actes abominables. Une certaine distance est donnée afin que chacun puisse se faire sa propre idée des personnages. Etrangement, le film ne donne qu’un point de vue, celui des parents et du détective. Alex, dont on ne sait que peu de choses, est aussi mystérieux pour le spectateur que pour le père d’Anna. Loin d’être ennuyant, le scénario offre plusieurs rebondissements inattendus. La religion est discrète mais présente dès le départ, avec un plan rapproché sur un chapelet dans un 4×4. Ainsi, les personnages, partant à la dérive, n’ont plus rien de bon en eux. Prisoners montre une réalité dérangeante. L’équipe du film peut se féliciter. Elle sert aux spectateurs une œuvre colossale. 

Lilas-Apollonia Fournier

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