Alabama Monroe, le chef d’oeuvre de 2013

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Et le cancer attaqua Maybelle, petite fille de six ans. Le film Alabama Monroe raconte l’amour passionnel de Didier et Elise et leur bataille quotidienne contre le cancer de leur enfant. Un scénario qui fait chavirer les cœurs, perturbe, émeut le spectateur.

Alabama et Monroe

Entre gastronomie « fast-food » et musique de cowboys, Didier idolâtre les Etats-Unis. Avec ses quatre meilleurs amis, il joue du banjo dans son groupe de country. C’est ce qui charmera Elise, une tatoueuse. Le coup de foudre sera immédiat et, ensemble, ils partageront des souvenirs inoubliables ainsi qu’un amour charnel et passionné. La venue de Maybelle, leur fille, bouleversera leur histoire. A seulement six ans, elle tombe malade. Elle est atteinte d’un cancer. La dureté de la maladie et l’innocence de la fillette sont au cœur de ce début de long-métrage. Une chambre d’hôpital d’un blanc immaculé, un docteur qui répète que les choses vont s’arranger et les parents, entre rage et désespoir, qui luttent pour ne pas tomber.

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La brutalité de la mort

Un long silence durant le film. Un vide. On penserait que le cauchemar s’arrêterait là. Il n’en est rien. C’est une descente aux enfers, lente et morbide qui attend le spectateur. Après la mort de l’enfant, Didier se met à haïr les Etats-Unis et en premier lieu le président de l’époque, George W. Bush. Le discours du président sur le refus de l’avancée de la science afin de protéger la religion met Didier hors de lui. C’est un combat personnel qu’il entretiendra avec les « pro-vies » et les fondamentalistes. Loin du sentiment de colère, Elise est vide, perdue. Seule l’idée que sa fille puisse être réincarnée la soulage, ce qui énerve son compagnon. L’amour passionnel s’est éteint. Le couple est si ravagé de désespoir qu’il ne peut se réconcilier. Ces parents qui vivaient jusque-là une vie heureuse et qui ont appris à vivre dans l’espoir n’attendent maintenant plus rien, jusqu’à se laisser mourir.

Le travail magique d’une équipe de tournage

Un film dur, choquant mais sensationnel par le jeu des acteurs. Loin des films américains à gros budget, Alabama Monroe prouve que le bon cinéma existe encore. Felix Van Groeningen, le réalisateur, a su concilier musique et photographie à la perfection. On salue également le scénario qui présente une histoire renversante et atypique. Ce long-métrage ne peut laisser personne indemne. Ruben Impens, directeur photographique, plonge les spectateurs dans un univers rural où les portraits sont sublimés. De la fraicheur des champs à la couleur du bois d’un instrument, les plans sont saisissants. Après la mort de Maybelle, le rythme devient plus lent. Entre silence et lenteur, le plan où le corbeau se pose à la fenêtre subjugue.

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La musique, centre de l’œuvre

On dit toujours que ce n’est pas la musique qui fait l’œuvre. Elle est pourtant centrale dans certains films, comme ceux du célèbre réalisateur Quentin Tarantino. Dans Alabama Monroe, la musique rythme le film qui est partagé entre compositions musicales de country et silence. Un silence qui n’est jamais pesant mais, au contraire, accompagne les personnages dans leur tristesse. La musique country semble être la seule note de joie du long-métrage, comme un second souffle qui permettrait de rendre celui-ci moins douloureux. Ainsi, la musique occupe une place centrale dans ce film. D’abord présente hors cadre lors du générique de début, elle ouvre ensuite la première scène où jouent Didier et ses amis.

Une double perte

La fin du film prend un autre ton, plus dramatique encore. Elle ressemblerait presque à celle du film Requiem for a dream. Le montage est saccadé, rapide, brutal, exposant de nombreux flashbacks, entre images chocs de l’enfant cancéreux et souvenirs d’une vie heureuse. Chaque instant est important dans la constitution de l’histoire. Le film est construit autour des allers-retours entre passé et présent. Cette fin heurte la sensibilité du spectateur. Les plans sont si succincts et rapides que le film ressemblerait presque à une publicité, voire à un message subliminal. On retrouve même des plans en négatifs. La vie et la mort se côtoient librement, entre joie et tristesse, entre liberté et gaieté d’un couple nouveau et l’abomination de la perte d’un enfant. Le rythme est angoissant. C’est le récit d’une descente aux enfers qui n’en finit plus.

Alabama Monroe s’inscrit indéniablement dans les meilleurs films produits en 2013. Par son histoire touchante et la poésie de son image, il émeut le spectateur en lui offrant un bout de vie peu commun mais si réel… 

Lilas-Apollonia Fournier

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