BRNS, l’interview

Photo : Oliver Donnet

Photo : Oliver Donnet

Fin du concert des Bruxellois BRNS (prononcer « Brains ») au festival SUMO à Toulon. Je retrouve Tim, le chanteur-batteur, et Diego, le guitariste, qui se confient sur leurs aventures et leur album Wounded. Rencontre…
Comment l’aventure a-t-elle commencé dans le monde de la musique ?

Tim : Et bien, tout jeune… Je pense qu’on a tous commencé la musique très tôt. [ndlr : à Diego] Je te propose de raconter ton parcours musical.

Diego : Non mais je ne sais pas si elle veut vraiment les détails depuis tout jeune… J’ai commencé à faire de la musique quand j’avais cinq ans, du piano et de la flute.

Tim : C’est vrai t’as fait de la flute ? (rires)

Diego : C’est pas très rock’n’roll je sais… J’ai toujours voulu faire de la guitare. C’était un peu trop compliqué quand j’avais cinq ans. J’ai commencé à dix ans. Dans mon adolescence, j’ai eu des petits groupes de potes et notamment un groupe quand j’ai commencé la fac avec Antoine, le bassiste de BRNS. On a tous fait un groupe de funk. On a tous fait des études sérieuses, avec un boulot, et à un moment où on avait plus assez de congés à poser pour faire tous nos concerts, on a lâché nos boulots…

Et vous vous êtes lancés…

Tim : Et la musique est devenue notre vie…

Diego : Je ne sais pas si tu veux rajouter quelque chose sur ton histoire personnelle ?

Tim : En gros c’est ça… La musique depuis tout petit. On aurait jamais cru que ce rêve de devenir musicien devienne réalité.

Diego : On peut dire qu’on est musiciens. J’ai jamais osé le dire et maintenant je le dis.

Tim : En Belgique, on a le statut d’artiste qui est en fait le statut du chômage. Chez vous [en France], c’est le statut d’intermittent. On est vraiment considéré comme demandeur d’emploi. Mais chômeur qui travaille !

Diego : T’arrives pas à expliquer aux gens notre statut… Chaque personne que tu rencontres tu leur expliques le statut d’artiste en Belgique.

Tim : C’est parce que c’est important. On a cette chance, aujourd’hui, de pouvoir vivre de notre musique.

brns 3

Que raconte votre album « Wounded » ?

Tim : Wounded raconte une sorte de grand laboratoire. Toutes ces chansons ont été composées durant six mois. On a créé une sorte de melting pot de chansons, comme on dit en Belgique. On a découvert notre parcours musical parce qu’on venait tous d’univers assez différents. On voulait mêler toutes ces histoires, toutes ces influences dans notre optique. Voilà ce que ça donne, plein de chansons qui sont, je pense, assez différentes, tout en gardant une sorte d’homogénéité.

Oui, c’est principalement de l’indie…

Tim : Voilà. On pourrait décrire notre musique comme indépendante, surtout par la manière dont on organise le groupe. On prend tout en main. Et puis l’indie pop est devenue une sorte de terme générique pour désigner tous les groupes qui s’écartent un peu de la pop…

C’est vrai que c’est difficile de définir l’indie…

Tim : Oui il y a la musique indépendante et puis il y a l’indie qui est devenu un peu abstrait…

Diego : C’est un terme vendeur.

Tim : Aujourd’hui il y a des groupes indie qui jouent de la musique complètement FM. Je pense que nous redonnons un peu le sens de la musique indépendante, surtout dans la manière d’organiser et de garder cette indépendance au niveau de la création…

Certaines chansons comme « Clairvoyant » font penser aux chansons psychédéliques des années 1970. Est-ce l’un des genres musicaux que vous voulez insuffler à vos titres ?

Diego : Pas vraiment… c’est marrant parce que tu n’es pas la première à avoir ce sentiment, et notamment mes parents m’ont dit ça (rires). C’est pas vraiment un genre qu’on écoute beaucoup. Dans notre musique, il y a des trucs un peu planants et atmosphériques. On cherche plus du côté post rock …

Tim : … de la pop plus contemporaine, plus expérimentale. Je pense par exemple à Animal Collective, qui est un des groupes qui a digéré ces trucs là avant. Je pense qu’on est indirectement lié à ces groupes de psyché parce qu’on est indirectement influencé par des groupes plus modernes, contemporains comme Animal Collective, Tame Impala un peu plus tard…

Votre magnifique clip « Our lights » est sorti aujourd’hui. Pourquoi avoir choisi de produire un clip d’animation ?

Tim : On adore les dessins-animés ainsi que celui qui a fait ce clip. C’est aussi lui qui a fait l’illustration de la pochette de notre album. On est très attaché à cet univers un peu graphique. Dès le départ, on a cherché à travailler avec des artistes qui avaient vraiment une patte très personnelle. Je pense à Carl Roosens qui a réalisé ce clip avec sa compagne Noémie Marsily. Dans notre musique, il y a quelque chose d’assez visuel, qui raconte des histoires. Dans The Story of Bible,  on a une histoire qui est racontée. On peut s’imaginer plein d’images. On pourrait imaginer un court-métrage relativement fascinant, c’est ce qu’on a fait sur Our Lights.

Diego : Nous n’avons pas donné d’indication à Carl [Roosens]. C’est vraiment lui qui a imaginé et qui a réalisé l’histoire. C’est ce qu’on a fait aussi avec la pochette. Après un premier clip avec Mexico, qui était avec un acteur, on a alterné avec un film d’animation. Pour le prochain disque ce sera pareil, avec des clips en animation.

Justement, votre chanson « Mexico » est une invitation au voyage. Avez-vous le projet de partir en tournée en Amérique ?

Diego : Tu nous invites ? (rires)

Tim : On aimerait bien. C’est pas évident de dépasser les frontières. On essaie de traverser la Manche, péniblement. On y est allé une fois.

Diego : On va y retourner. C’est une exclu (rires).

Tim : Les Etats-Unis c’est un gros pays. Il faut le préparer à l’avance. Il faut organiser le voyage, pas seulement une ou deux dates, mais une tournée. Les gens doivent s’attendre à ce que tu arrives. On espère pouvoir y travailler sur notre deuxième album.

Vous êtes actuellement en tournée dans toute la France, comment est le public français ?

Diego : On nous avait dit que Paris c’était horrible, et en fait non. Ça s’est toujours bien passé, dans le reste de la France aussi. C’est le premier pays étranger qui nous a super bien accueillis. Pendant longtemps, on a même été mieux accueillis en France qu’en Belgique. On a une tournée de seize dates. C’est la troisième date de la tournée, ça se passe vraiment très bien. L’été dernier, on a fait de gros festivals. Il y a un public super différent, réceptif.

Comment vous sentez-vous après un live ? Avez-vous des habitudes avant ou après un concert ?

Tim : On se check ! Avant, impossible de jouer sans une ou deux bières… une habitude belge. Pour être désinhibé. Quand on est complètement sobre, on réfléchit trop. Et après le concert, on se check.

Diego : C’est plus avec le poing mais la main.

Un album prochainement ?

Diego : Oui ! (rires)

Tim : On finit cette tournée française. On a beaucoup tourné en deux ans et demi. On va enfin se poser pour enregistrer. Dès qu’on aura enregistré un album, on va de nouveau repartir en tournée. On espère le sortir avant l’été.

Diego : Ça aussi c’est une exclu ! On voudrait revenir au printemps en France et dans des pays où on a pas mal joué. On espère que l’album sortira en avril ou mai.

Site officiel de BRNS

Lilas-Apollonia Fournier

Publicités

2 réponses à “BRNS, l’interview

Partagez votre avis en laissant un commentaire ! :)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s